Jakob Wassermann

Jakob Wassermann
Jakob Wassermann

Écrivain allemand, Jakob Wassermann est né à Fürth, près de Nuremberg (Allemagne), le 10 mars 1873.

Fils d'un marchand juif, il abandonne le commerce paternel et se jette dans la bohème de Munich. Il a une jeunesse désordonnée et aventureuse, solitaire, difficile. Il doit travailler un certain temps dans une usine.

Enfin l'écrivain Ernst von Wolzogen l'engage comme secrétaire. Son premier roman: Les Juifs de Zirndorf (1897), mi-historique mi-fictif, qui se passe dans un ghetto du XVIIe siècle, attire l'attention sur son auteur. On trouve déjà là l'illustration d'un conflit qui sera celui de sa propre vie: juif en Allemagne, il est un juif qui se sent allemand. Le héros du livre est un prophète et un rêveur, qui va à l'aventure en assumant d'une manière toujours plus consciente sa condition d'homme.

L'Histoire de la jeune Renate Fuchs (1900) allie le romantisme tendre à l'acuité de l'étude psychologique. Dans Moloch (1902), Wassermann décrit plus objectivement l'histoire d'un dur combat contre l'injustice sociale.

Moraliste romantique, Wassermann se tient pour responsable de l'humanité. Au premier plan de son œuvre apparaissent les hommes, pleins d'un sentiment de justice passionnée, menant le combat contre la société. En 1903 paraît un livre de moindre importance, Hilperic. Dans Les Masques d'Envin Reiner (1910), le millionnaire séducteur échoue devant l'innocence de sa proie. Gaspard Hauser ou la Paresse du cœur (1908) raconte l'histoire de cet enfant trouvé dont on ne sut jamais vraiment s'il était ou non un enfant royal, le symbole de l'innocence opprimée dans un monde impitoyable. L'Homme aux oies (1916) est la tragédie de l'artiste pauvre et tourmenté.

L'accusation de Wassermann contre le monde bourgeois d'avant la guerre se situe sur le plan de l'humain, pour la défense des hommes qui ont tous en partage «la même solitude… la même mort». Christian Wahnschaffe (1919), «roman de la formation», est l'illustration majeure de cette revendication.

En 1923 paraît Ulrique, en 1924 Faber ou Années perdues, et en 1928 L'Or de Cajamalca. La même année, avec L'Affaire Maurizius, qui est une partie d'un cycle intitulé Tropique, Wassermann donne un livre au style dense, à la tension profonde. La suite, Etzel Andergast (1931), met en scène la vie allemande et la jeunesse d'après la guerre. Il apprend beaucoup de la psychanalyse qu'il utilise pour son diagnostic de la maladie européenne. Le roman social le conduit à l'idée d'une réorganisation de l'existence humaine par l'éducation. Son œuvre possède une grande richesse dans l'expérience profonde de l'homme aux prises avec le chaos du temps et de la réalité sociale mais elle inclut toujours son combat dans le dépassement cosmique.

Jakob Wassermann meurt à Altaussee (Autriche) le 1er janvier 1934, à l'âge de 60 ans. La Troisième Existence de Joseph Kerkhoven, roman de la quête divine, paraît en Suisse peu après sa mort.

Copyright © Mélanie Wolfe / La République des Lettres, Paris, jeudi 12 décembre 2019. Droits réservés pour tous pays. Toute reproduction totale ou partielle de cet article sur quelque support que ce soit est interdite. Les citations brèves et les liens vers cette page sont autorisés.

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