Marguerite Audoux

Marguerite Audoux
Marguerite Audoux

Romancière française, Marguerite Audoux (pseudonyme de Marguerite Donquichotte) est née à Sancoins (Cher) le 7 juillet 1863.

Elle raconte elle-même sa vie dans son livre Marie-Claire (1910), qu'aimait Charles-Louis Philippe, et qui fut préfacé et lancé par Octave Mirbeau. À l'âge de trois ans, elle perd sa mère, emportée par la phtisie. Son père, un charpentier alcoolique (enfant trouvé que l'employé d'état civil a baptisé "Donquichotte"), l'abandonne avec sa soeur aînée. Elle passe son enfance, triste et terne, dans un orphelinat religieux à Bourges, éclairée seulement par la douce affection d'une religieuse.

En 1877, à 13 ans, Marguerite est placée par la mère supérieure jalouse dans une ferme de Sologne, à Sainte-Montaine, près d'Aubigny-sur-Nère, où elle mène une vie de bergère et de servante de ferme. Une idylle très pure entre elle et le fils de la fermière lui attire des humiliations. La famille met un terme à la liaison.

En 1881, elle doit fuir et la voici à dix-huit ans, seule et sans le sou, à Paris. Elle fait de la couture payée à la journée, chez des particuliers ou dans sa chambre, si petite, rapporte Octave Mirbeau, que pour s'installer à la machine il lui faut déplacer le mannequin. Elle travaille également à la Cartoucherie de Vincennes et à la buanderie de l'Hôpital Laennec. Sombres années où elle lutte contre la misère et la faim. En 1883, elle a un enfant qui ne survit pas. Par surcroît elle souffre des yeux, et les médecins lui conseillent d'arrêter la couture sous peine de devenir aveugle.

En 1895, elle prend le nom de sa mère: Audoux, puis entreprend de raconter ses souvenirs. Elle écrit alors dans des cahiers d'écolier un émouvant petit chef-d'œuvre: Marie-Claire, remarquable par la pureté d'expression et le ton direct.

En dépit de ses difficultés, elle doit s'occuper de sa nièce, Yvonne. Cette jeune fille volage couche avec un ami d'André Gide, Jules Iehl, alias Michel Yell en littérature. Celui-ci rencontre Marguerite, dont il tombe amoureux, et découvre son manuscrit dans un tiroir. Enthousiasmé, il la présente à un petit groupe d'écrivains: Charles-Louis Philippe, Léon-Paul Fargue, Valery Larbaud, Léon Werth et Francis Jourdain, qui découvrent à leur tour le manuscrit de Marie-Claire.

Autobiographie romancée, Marie-Claire reflète, selon Charles-Louis Philippe, "tout ce que peut contenir de malheur matériel et de douleurs morales la vie des pauvres". Le livre, préfacé par Octave Mirbeau, est imposé chez l'éditeur Fasquelle. Il est couronné par le Prix Femina en 1910 et obtient un succès considérable en librairie.

Il est suivi dix ans plus tard d'un second livre: L'Atelier de Marie-Claire (1920), puis d'autres romans: De la ville au moulin (1926) et Douce lumière (publié en feuilleton dans Le Journal en 1937), ainsi qu'un recueil de contes, comprenant, entre autres Le Chaland de la reine et La Fiancée (1932).

Malgré ses succès littéraires, Marguerite Audoux meurt pauvre et oubliée à l'hôpital de Saint-Raphaël (Var) le 31 janvier 1937, à l'âge de 73 ans.

Marie-Claire

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