Henry David Thoreau
Henry David Thoreau
Biographie : Vie et oeuvre de Henry David Thoreau.

Écrivain et philosophe américain, Henry David Thoreau est né à Concord (Massachussets, Etat-Unis) le 12 juillet 1817. Longtemps considéré comme un naturaliste, comme un apôtre de la désobéissance civile, ou tout simplement comme un excentrique, il est aujourd'hui compté parmi les plus grands auteurs américains du XIXe siècle.

Fils d'un modeste fabricant de crayons, Henri David Thoreau suit des études classiques à Harvard (1833-1837), puis revient à Concord, paisible bourgade dont Ralph Waldo Emerson allait faire un centre culturel important. Il devient très vite l'ami et le disciple du philosophe qui l'incite, par exemple, à tenir un journal, et qui encourage sa vocation littéraire.

C'est ainsi qu'il peut publier ses premiers essais dans l'organe du Transcendantalisme, le Dial, de 1840 à 1844. Peu enclin à s'engager dans une profession, Henri David Thoreau se contente, après avoir mené pendant trois ans (1838-1841) une expérience pédagogique originale dans une école qu'il avait créée avec son frère, d'être le factotum d'Emerson de 1841 à 1843, puis de se partager entre l'atelier de son père et une activité épisodique d'arpenteur-géomètre, tout en passant des journées entières à observer la nature. Ce choix, peu conforme à l'éthique protestante du travail, ne lui fait pas gagner l'estime de ses voisins, d'autant plus qu'il met malencontreusement le feu à un bois en 1844.

Le 4 juillet 1845 — date symbolique — Henry David Thoreau s'installe au bord du petit lac de Walden, non loin de Concord. Il y passe deux ans, dans une cabane qu'il a construite lui-même, se consacrant aux promenades, à l'observation, à la lecture et à l'écriture. Deux livres naissent de cette retraite.

Le premier, Une semaine sur les rivières Concord et Merrimack, écrit à Walden et publié à compte d'auteur en 1849, est un échec cuisant. C'est le récit d'un voyage en barque fait avec son frère John, mort tragiquement depuis, sur lequel se greffent diverses réflexions sur l'amitié, la religion, le conflit de la nature (incarnée par l'Indien) et de la technologie.

Le second ouvrage, Walden, où la vie dans les bois, son chef-d'oeuvre, est commencé avant 1847 et publié, après de nombreuses révisions, en 1854.

De retour à Concord, Thoreau s'installe dans la maison de ses parents, où il restera et ne cessera d'écrire jusqu'à sa mort.

Cet anticonformiste notoire avait pour stratégie de cultiver l'image de marginal qu'il s'était faite. Ainsi, pendant et après son séjour à Walden, il fait presque annuellement à Concord et dans la région des conférences dont les textes sont ensuite repris, développés et transformés soit en chapitres (par exemple le premier chapitre de Walden, "L'Économie"), soit en essais. C'est le cas de la conférence sur la désobéissance civile, qu'il a rédigée après une nuit passée en prison pour avoir refusé symboliquement de payer ses impôts. Elle est publiée en 1849 sous le titre La Résistance au gouvernement civil, puis rebaptisée ultérieurement La Désobéissance civile (v. Essais politiques). Dans ces textes, le "Diogène américain", comme l'appela un critique lors de la publication de Walden, attaque avec un réel talent de pamphlétaire et de satiriste les travers de la société américaine.

Mais le polémiste se double d'un naturaliste. Ses promenades quotidiennes dans les bois de Concord nourrissent son Journal, où il consigne ses observations sur la flore, la faune, le cycle des saisons, tantôt en poète, voire en mystique, tantôt avec la précision d'un entomologiste ou d'un ornithologue. Ces notes sont alors remaniées et intégrées à des conférences ou essais, commes ceux réunis à titre posthume sous le titre d'Excursions.

Enfin, Thoreau fait plusieurs escapades dans des parties plus sauvages de la Nouvelle-Angleterre, et tire de ces voyages des récits inégaux, mais qui contiennent certaines de ses plus belles pages: Les Bois du Maine (1864), Le Cap Cod (1864).

Lorsqu'il meurt de tuberculose à quarante-quatre ans, le 6 mai 1862, Henri David Thoreau laisse une oeuvre à son image, multiple et inclassable, dont la modernité ne cesse de s'imposer à notre temps.