William Makepeace Thackeray

Biographie William Makepeace Thackeray
William Makepeace Thackeray
Barry Lyndon

Éditions de La République des Lettres
ISBN 978-2-8249-0315-6
Prix : 5 euros
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William Makepeace Thackeray

Romancier anglais, William Makepeace Thackeray est né à Alipur (faubourg de Calcutta, Inde) le 18 juillet 1811.

Son père, selon une tradition familiale, était allé faire fortune dans la Compagnie des Indes orientales et mourut lorsque son fils n'avait que quatre ans. Envoyé en Angleterre, l'enfant fut élevé par des femmes, ce qui le prépara mal à la vie de collège.

Il fut très malheureux en effet à Charleston où il fit ses classes de 1822 à 1829. Ce garçon doux et myope, inapte aux sports, était la victime désignée de camarades robustes et brutaux. Il eut le nez cassé dans une mêlée et fut défiguré pour le restant de ses jours, ce qui augmenta sa susceptibilité déjà excessive. Il s'imaginait avoir un physique ridicule et son ton sarcastique est sans doute dû à une réaction de défense.

Sa mère avait épousé en 1818 un major du génie de Bengale, Henri Carmichael Smyth. Elle revint en Angleterre avec son mari en 1821 et s'installa d'abord à Addiscomb, puis à Ottery St. Mary où son fils la rejoignit. Il entra ensuite à Cambridge (Trinity College), où il collabora au Snob, journal de l'université, dans lequel il fit paraître des vers et des dessins humoristiques.

W. M. Thackeray se nourrit de Jonathan Swift, Laurence Sterne, Joseph Addison, Richard Steele, Alexander Pope et Oliver Goldsmith. Il passa les vacances de 1829 à Paris et celles de 1830 à Cologne et à Weimar où il rencontra Johann Wolfgang von Goethe et apprit à admirer Friedrich von Schiller. Il avait pensé s'orienter vers la diplomatie, mais il se décida pour le barreau.

Il commença son droit en 1831, mais en 1832, quand il entra en possession de l'héritage paternel, il acheta et dirigea le National Standard and Journal of Literature, auquel il collabora avec des "lettres de Paris". Il s'essaya aussi à la peinture, mais sans succès. Son journal cessa de paraître en février 1834. Thackeray était ruiné, il fut obligé de vivre de ses talents de journaliste et de caricaturiste.

En 1836, parut son premier volume Flore et Zéphyr, illustré de lithographies satiriques. Il devint ensuite le correspondant parisien du Constitutional, journal ultralibéral que son beau-père avait contribué à fonder. Comptant sur son traitement, il épousa Isabelle Getkin Creangh Shaw, mais le journal fit faillite un mois plus tard et Thackeray se mit en devoir de payer les dettes de cette désastreuse affaire. Il ne réussit à se libérer que grâce à la publication de La Foire aux Vanités, car ses premières œuvres: Mémoires de Jaunepeluche et les Cahiers de croquis de Paris (1840) ne se vendirent pas bien.

Pour comble de malheur, sa femme devint folle après avoir donné le jour à une troisième fille. Il la conduisit à Paris, puis en Allemagne, mais elle ne guérit jamais et vécut jusqu'en 1894. Thackeray dut se séparer d'elle et confier ses filles à leurs grands-parents. Il vécut désormais de sa plume, en collaborant à des revues (dont le Punch) et à des journaux auxquels il donnait, sous divers pseudonymes, des articles de critiques et de variétés, des esquisses et des romans. Ses esquisses du Punch de 1846 eurent un grand succès et furent réimprimées en 1848 sous le titre Livre des snobs.

Son humour est plus inoffensif dans d'autres œuvres burlesques, telles que Une légende du Rhin, Rebecca et Rowena, La Rose et l'Anneau. La Ballade de la Bouillabaisse qui parut dans le Punch de 1849 est d'un ton plus amer; on y trouve les meilleurs vers comiques qu'il ait écrits.

Son premier roman, Mémoires de Barry Lyndon, du royaume d'Irlande, constituait une réaction pleine d'humour contre les descriptions romantiques d'existences tarées dont abondaient les œuvres de romanciers qui, comme Edward Bulwer-Lytton, se prétendaient les continuateurs de Lord Byron. Mais cette œuvre préfigurait également ses propres romans.

Après le succès de La Foire aux vanités, Thackeray renonça au barreau, limita sa collaboration au Punch et s'adonna au roman. L'Histoire de Pendennis et Les Newcome (1855-56) sont des romans de mœurs contemporaines. L'Histoire d'Henri Esmond et sa suite, Les Virginiens, sont des romans historiques. Le succès de ces livres lui fit gagner de l'argent.

Comme Charles Dickens, Thackeray entreprit des tournées de conférences en Angleterre et en Amérique (1852-53 et 1855-56) pour pouvoir doter ses filles. À Rome, en 1853, il fut atteint de paludisme, ce qui compromit fortement sa santé déjà ébranlée par son mode de vie. Ses derniers romans, publiés dans le Cornhil Magazine, se ressentent de cet état de santé. Dans cette même revue, parurent quelques-uns de ses meilleurs essais, The Roundabout Papers.

William Makepeace Thackeray mourut à Londres dans la nuit du 23 au 24 décembre 1863, à la suite d'une attaque d'apoplexie.

W. M. Thackeray
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