Marcel Schwob

Biographie Marcel Schwob
Marcel Schwob
Vies imaginaires

Éditions de La République des Lettres
ISBN 978-2-8249-0191-6
Prix : 5 euros
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Marcel Schwob

Conteur, essayiste, traducteur et érudit français, Marcel Schwob est né à Chaville (Hauts-de-Seine), le 23 août 1867.

Issu d'un milieu lettré (son père, Georges Schwob, a collaboré au Corsaire-Satan et cosigné une pièce avec Jules Verne), il manifeste un goût précoce pour la littérature et les langues.

En 1882, il quitte Nantes pour Paris et s'installe à la bibliothèque Mazarine où son oncle maternel, Léon Cahun, est conservateur. Ce savant orientaliste, auteur de romans d'aventures, est son premier maître. Au lycée Louis-Le-Grand, il a pour condisciples Paul Claudel, Léon Daudet et Joseph Bédier. Il révèle bientôt une sérieuse aptitude à la philologie, assiste aux conférences de Jacob à l'École des Hautes études, avant de suivre les cours de sanscrit de Ferdinand de Saussure et, au Collège de France, les cours de linguistique de Michel Bréal, qui exerce sur lui une influence formatrice déterminante.

Il laisse au tiroir ses premières ébauches littéraires (un Faust, un Prométhée) et publie d'abord des études sur l'argot français (1889), envisagé non comme un langage spontané, mais comme un code rivalisant d'artifices avec l'expression littéraire la plus élaborée, et sur le jargon des coquillards (1890), comparé à la langue de François Villon.

Ces travaux d'érudit se doublent d'une intense activité journalistique et littéraire. Depuis 1887, il collabore régulièrement au Phare de la Loire de Georges Schwob; à partir de 1889, ses chroniques et ses contes paraissent à L'Echo de Paris (dont il dirigera deux ans plus tard le supplément littéraire illustré), puis à L'Événement, au Gil-Blas, et au Journal. Son premier recueil de contes, Coeur double (1891), lui attire les éloges d'Anatole France et le rend célèbre à 24 ans. L'année suivante, dans la même veine fantastique et symboliste inspirée d'Edgar Poe, de Théophile Gautier, de Charles Baudelaire et de Gustave Flaubert, Marcel Schwob publie Le Roi au masque d'or.

Figure marquante du Paris littéraire, il est en relation avec Remy de Gourmont, Paul Léautaud, Georges Courteline, Edmond de Goncourt, Willy et Colette, Marguerite Moreno qu'il épousera en 1900. À L'Echo de Paris, il publie les premiers textes d'Alfred Jarry, qui lui dédie Ubu roi. Paul Valéry lui rendra le même hommage en tête de son Introduction à la Méthode de Léonard de Vinci.

En politique, ses sympathies iront aux anarchistes et, bientôt, aux dreyfusards.

Fin connaisseur du domaine anglo-saxon, Marcel Schwob familiarise les milieux lettrés avec les oeuvres de Robert Louis Stevenson, de George Meredith et de Marion Crawford. Il attire aussi l'attention sur les dramaturges élisabéthains et laisse de précieuses traductions de Wiliam Shakespeare, Daniel Defoe et Thomas De Quincey.

Ses oeuvres les plus significatives restent Le Livre de Monelle (1894), bréviaire du nihilisme et de la compassion, et surtout Les Vies imaginaires (1896), son chef-d'oeuvre, création borgésienne avant la lettre, où l'érudition se mêle à la fiction pour composer un artifice esthétique achevé qui rivalise avec le réel.

Malade, diminué, ses dernières années sont vouées à la détresse et à l'errance: Londres, Jersey, puis, sur les traces de Stevenson, un long périple jusqu'à Samoa, dont il consigne le récit en d'admirables lettres (octobre 1901-mars 1902). Il consent encore à épingler en des pages ironiques les ridicules du Boulevard (Moeurs des diurnales, 1903; Lettres à Valmont, publiées la même année dans L'Écho de Paris), mais, pour ses ultimes travaux, il revient à ses premières amours: en 1904, il inaugure un cours sur le Grand Testament à l'Ecole des Hautes études sociales, prépare un livre sur Villon, publie dans Romania et dans la Revue des études rabelaisiennes. Ses dernières pages, des méditations sur l'art de la lecture, paraissent dans Vers et Prose en mars 1905.

Marcel Schwob meurt à Paris le 26 février 1905, à l'âge de trente-sept ans. Il repose au cimetière Montparnasse.

Marcel Schwob
Vies imaginaires