Auguste Rodin

Biographie Auguste Rodin
Auguste Rodin
L'Art

Éditions de La République des Lettres
ISBN 978-2-8249-0257-9
Prix : 5 euros
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Auguste Rodin

Sculpteur français, Auguste Rodin (François-Auguste-René Rodin pour l'état civil) est né le 12 novembre 1840 à Paris.

D'humble origine — son père est employé de bureau à la Préfecture de police —, il est d'abord élevé chez les Frères, puis dans une institution libre dirigée par l'un de ses oncles à Beauvais. En 1854, il est admis à l'École spéciale de dessin et de mathématiques, dite "la Petite École", située rue de l'École de Médecine à Paris. Il suit les cours de dessin de Horace Lecoq de Boisbaudran, puis, l'année suivante, les cours de sculpture, qu'il découvre auprès de Antoine-Louis Barye et Albert-Ernest Carrier-Belleuse. Il rencontre James Abbott McNeill Whistler et Henri Fantin-Latour, et certaines de ses études sont corrigées par Jean-Baptiste Carpeaux qui enseigne alors le modelage. Il échoue à trois reprises au concours d'entrée à l'École des Beaux-Arts.

En 1862, la mort de sa sœur aînée l'affecte tellement qu'il entre chez les Eudistes de la congrégation du Très-Saint-Sacrement et porte la soutane durant plus de six mois.

En 1864, il rencontre Rose Beuret, simple couturière fille d'un cultivateur de Haute Marne, qui devient son modèle et sa principale maîtresse. Celle-ci lui donne en 1866 un fils, Auguste Eugène Beuret, qu'il ne reconnaîtra toutefois jamais.

Il commence à exposer ses premières oeuvres mais son Homme au nez cassé est refusé au Salon des artistes de Paris de 1864.

Jusqu'en 1870, il travaille comme artisan chez plusieurs décorateurs, ornementistes et sculpteurs officiels, dont notamment Albert-Ernest Carrier-Belleuse, spécialisé dans les bronzes d'art. Il compose des bustes et figures de fantaisie, et travaille à la décoration de l'hôtel particulier de la Païva sur les Champs-Elysées.

Réformé pour cause de myopie au début de la guerre de 1870, il s'installe à Bruxelles. Associé au sculpteur belge Antoine-Joseph Van Rasbourgh, il réalise à partir de 1873 des décorations pour la Bourse du Commerce et le Palais des académies de la capitale belge.

En 1876, il voyage en Italie où il découvre Donatello et Michel-Ange, puis effectue un "tour de France" où il étudie longuement les cathédrales. Il entreprend sa première grande œuvre, L'Âge d'airain, terminée en 1877, nu viril en plâtre modelé selon des critères si nouveaux qu'on l'accuse de l'avoir moulé sur nature. L'oeuvre provoque un petit scandale lors de son exposition au Salon de 1878 et les autorités culturelles nomment une commission d'enquête. Mais Rodin, défendu par un groupe d'artistes, dépasse la polémique en 1879 avec son Saint Jean-Baptiste, réalisé selon la même esthétique, et son talent s'impose alors définitivement auprès du public français, avec son style extraordinairement vibrant et son amour pour le rendu du mouvement. L'Âge d'airain est finalement achetée par l'État au Salon de 1880.

Pour s'excuser, le Secrétariat d'Etat aux Beaux-Arts lui commande également une porte monumentale destinée au nouveau Musée des arts décoratifs. Il s'inspire du thème de la Porte de l'Enfer, d'après la Divine Comédie de Dante, tentant de réaliser une grande allégorie des passions humaines à travers la représentation du nu: ainsi surgissent d'un univers à la fois simplifié et visionnaire, toujours palpitant, des êtres construits sur des rythmes très marqués et sur le déséquilibre des masses, un ensemble de figures inspirées à la foi du Jugement dernier de Michel-Ange, des illustrations pour la Divine Comédie de Gustave Doré et de l'art de William Blake. Les quelque 200 figures ébauchées pour cette porte seront à la base d'un grand nombre d'autres futures sculptures de Rodin. Il laisse la Porte de l'Enfer inachevée en 1885, après cinq années de travail (il continuera cependant d'y travailler par intermittence jusqu'à sa mort). Entre-temps, il commence le monument des Bourgeois de Calais, qui sera inauguré en 1895.

Occupant un grand atelier alloué par l'Etat et appointé par la manufacture de Sèvres, Rodin exécute plusieurs oeuvres majeures comme entre autres Le Penseur (1882) , La Luxure (1883), L'Eternel Printemps (1884), La belle Heaulmière (1885), Le Baiser (1890), L'Illusion (1893), L'Éternelle idole (1893), Psyché et l'Amour (1897), La Douleur (1903), etc., qui révolutionnent la sculpture. Parmi les personnalités les plus éminentes dont il fait des bustes ou monuments, figurent Puvis de Chavannes, George Bernard Shaw, Victor Hugo, Honoré de Balzac, Henri de Rochefort, Charles Baudelaire, Claude Lorrain, Gustav Mahler,... Selon une méthode qui lui est propre, il brasse les formes par centaines, faisant subir à ses œuvres des mutations innombrables, tirant des expressions contrastées des déformations violentes qu'il fait subir à ses personnages.

Il est également l'auteur d'une importante oeuvre graphique composée de quelque 9000 dessins et aquarelles, dont une série de dessins érotiques colorés, lascifs, sensuels et totalement impudiques, réalisés entre 1890 et 1917, illustrent sa fascination pour le nu féminin. L'érotisme et le modèle vivant libèrent sa puissance créatrice. Ses modèles féminins, souvent ses maîtresses — de Camille Claudel à la duchesse de Choiseul, mais surtout des danseuses comme Isadora Duncan, Hanako ou Aldo Moreno entre quelques centaines de jeunes femmes — doivent s'exhiber pour lui dans les poses les plus acrobatiques et les moins académiques, en train de se déshabiller, de se laver ou de se caresser, le plus souvent jambes grandes ouvertes.

Auguste Rodin devient une gloire nationale et internationale à partir de l'Exposition universelle de 1900 où un pavillon entier est consacré à une rétrospective de son oeuvre. De riches amateurs étrangers s'arrachent ses œuvres et il est soutenu par la critique d'avant-garde, mais reste parfois au centre de polémiques, comme celle qui suit le refus du Monument à Victor Hugo, commandé initialement pour le Panthéon et relégué au jardin du Luxembourg sous prétexte que l'auteur des Châtiments y est représenté nu, ou encore le Monument à Balzac, considéré également comme une ébauche indigne par son commanditaire, la Société des Gens de Lettres.

Impénitent travailleur, Rodin, malgré la gloire et les polémiques, ne cesse de sculpter: La Tentation de saint Antoine, le Sculpteur et sa muse, Roméo et Juliette, les hauts-reliefs des Saisons, etc.

En 1905, le poète Rainer Maria Rilke devient son secrétaire et écrit un essai sur lui. En 1910 il est nommé Grand officier de la Légion d'honneur. En 1911, le journaliste Paul Gsell réunit ses pensées dans un volume intitulé L'Art, qui rapporte fidèlement ses conceptions artistiques. Il publie lui-même un livre sur Les Cathédrales de France (1914).

En 1916, malade, il fait don de ses collections et de ses propriétés à l'État. Une partie de ses sculptures et de sa très vaste production graphique est aujourd'hui conservée dans son hôtel parisien (hôtel Byron) et dans son atelier de Meudon, transformés en musées.

En janvier 1917, Auguste Rodin épouse la fidèle et dévouée compagne de sa vie, Rose Beuret. Il décède à Meudon le 17 novembre 1917, à l'âge de 77 ans.

Sa mort signe la fin d'une époque et laisse place à une nouvelle génération de sculpteurs venus de toute l'Europe afin de travailler à Paris dans le sillage du père de la sculpture moderne: Constantin Brancusi, Aristide Maillol, Pablo Gargallo, Antoine Bourdelle, Ossip Zadkine...

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