Emmanuel Mounier

Biographie Emmanuel Mounier
Emmanuel Mounier
Introduction aux existentialismes

Éditions de La République des Lettres
ISBN 978-2-8249-0313-2
Prix : 5 euros
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Emmanuel Mounier

Philosophe français, Emmanuel Mounier est né le 1er avril 1905 à Grenoble (Isère).

Après avoir fait ses études au lycée de sa ville natale, il passe son agrégation de philosophie en 1928, et subit, par l'intermédiaire de son maître Jacques Chevalier, l'influence d'Henri Bergson, puis celles de Jacques Maritain, de Charles Péguy surtout, auquel il consacre son premier livre, La Pensée de Charles Péguy (1931).

Entrant dans la vie intellectuelle française au plein moment de l'évolution vers la gauche de certains milieux catholiques, à la suite de la condamnation de L'Action française, il fonde, en 1932, la revue Esprit, qui se fixe la double tâche de séparer les valeurs spirituelles de la société bourgeoise, considérée comme condamnée par Mounier, pour les réincarner dans une société nouvelle, à base ouvrière. Esprit deviendra l'une des principales expressions en France du catholicisme engagé.

Emmanuel Mounier se trouve donc bientôt entraîné dans les luttes politiques de l'époque: reprenant le vieil espoir de Lamennais et de Marc Sangnier de concilier le christianisme et la révolution, il adopte une attitude fort délicate, riche de nuances et de subtilités, car, tout en cherchant une collaboration avec les communistes, il répugnera toujours à leurs solutions et surtout à leur matérialisme (Feu la chrétienté et Certitudes difficiles).

Le mouvement personnaliste qui s'est rassemblé autour de Mounier, et auquel il a donné en 1935 un programme théorique et politique avec Révolution personnaliste et communautaire (complété par l'essai écrit en 1936, De la propriété capitaliste à la propriété humaine) puis une synthèse avec Le Personnalisme (1950), naît de la réflexion sur la crise mondiale de 1929, interprétée comme crise de civilisation et des valeurs, que le christianisme doit affronter en prenant ses distances par rapport aux forces de l'argent et du "désordre établi". Mounier reprend et radicalise d'un côté la polémique du christianisme social contre l'individualisme égoïste de la société bourgeoise; de l'autre, il combat le matérialisme et l'athéisme de la doctrine marxiste. La base du renouveau social, qu'il présente comme une troisième voie entre le libéralisme et le collectivisme, doit être la valorisation de la personne, conçue comme liberté et transcendance, c'est-à-dire ouverture aux autres et à Dieu. Pour lui, la personne n'est pas l'individu: elle se réalise dans la communauté, conçue comme "personne collective" ou "personne de personnes", fondée sur une unité éthique plus que juridique et économique. Sur un plan concret, le programme personnaliste prévoit l'abolition de l'intérêt et de la rente, le contrôle social du capital, le travail comme vocation et service social, le coopérativisme et la cogestion des entreprises. Accusé par la gauche communiste et laïque de remettre au goût du jour les thèmes de l'anticapitalisme romantique, par une condamnation de l'argent et du capital de caractère rétrograde, Mounier fut parallèlement attaqué par le catholicisme le plus intransigeant pour ses ouvertures au communisme. Il affirma en effet que "le destin des années à venir était de réconcilier Marx avec Kierkegaard" (Introduction aux existentialismes, 1946) et anticipa de nombreux thèmes qui allaient être repris par la suite dans les tentatives de dialogue entre chrétiens et marxistes.

C'est surtout à partir de 1944 que Mounier aura une certaine influence sur les catholiques engagés dans la Résistance, influence qui tenait autant à son rayonnement personnel qu'à sa pensée. L'attention qu'il ne cessa de donner aux divers courants de la pensée moderne — Introduction aux existentialismes, Traité du caractère, La Petite Peur du XXe siècle — contribua aussi à son succès auprès des jeunes chrétiens décidés à rompre l'isolement de l'Église dans le monde contemporain. Ses Carnets ont paru, posthumes, en 1956.

Emmanuel Mounier est mort à Châtenay-Malabry le 22 mars 1950, à l'âge de 45 ans.

Emmanuel Mounier
Introduction aux existentialismes