Paul Lafargue
Paul Lafargue
Biographie : Vie et oeuvre de Paul Lafargue.

Homme politique, médecin et écrivain français, Paul Lafargue est né le 15 janvier 1842 à Santiago de Cuba (Cuba) dans une famille de descendants d'esclaves et de colons. Sa mère revient en France en 1851. Il suit des études secondaires à Bordeaux, puis, nanti du baccalauréat, monte à Paris où il s'inscrit en faculté de médecine.

À cette époque, il est pris d'une boulimie de lectures, devient socialiste de tendance proudhonienne et adhère à l'Association Internationale des Travailleurs. C'est en février 1865, au Congrès de Londres de cette première Internationale, qu'il rencontre Karl Marx que son proudhonisme exaspère assez vite. Reçu chez le philosophe, il s'éprend d'une de ses filles, Laura. Marx réagit d'abord en père sourcilleux, avant d'accorder, le 2 avril 1868, la main de sa fille préférée au jeune et bouillonant mulâtre.

De retour à Paris, Paul Lafargue achève ses études de médecine et, son épouse à ses côtés, se lance à corps perdu dans le combat politique: organisation de l'Internationale Ouvrière en France et en Espagne, lutte contre les partisans de Mikhaïl Bakounine, tentative pour soutenir en province la Commune de Paris (1871). Il écrit de nombreux articles, publie des brochures de circonstance et traduit les ouvrages de Karl Marx et de Friedrich Engels.

C'est en 1880, dans le journal L'Égalité, qu'il publie en plusieurs livraisons son célèbre Droit à la paresse. Ce pamphlet anti-capitaliste, qui constitue son seul mais fort probant titre à la gloire littéraire, est une réponse à un ouvrage de Louis Blanc concernant le "droit au travail" de 1848. Pour Paul Lafargue, le droit au travail n'est en réalité qu'un droit à la misère. Violente désacralisation du travail et de la consommation, éloquent éloge du loisir et de l'oisiveté, ce manifeste de haute philosophie sociale détonne par son ton libertaire dans la sévère et rigide littérature socialiste de l'époque.

La vie de Lafargue se confond ensuite avec les luttes de la SFIO (Section Française de l'Internationale Ouvrière) dont il est, au même titre que Jules Guesde ou Jean Jaurès, l'une des grandes figures.

Le 25 novembre 1911, Laura et Paul Lafargue mettent fin à leur jours par empoisonnement. Leur testament justifie ce suicide par le refus de la décrépitude physique et intellectuelle liée à "l'impitoyable vieillesse".