Jens Peter Jacobsen
Jens Peter Jacobsen
Biographie : Vie et oeuvre de Jens Peter Jacobsen.

Romancier et botaniste danois, Jens Peter Jacobsen est né et mort à Thisted, dans le Jutland (Danemark) le 7 avril 1847.

Dès son enfance, passée à la campagne, il montre un esprit d'observation particulièrement éveillé, et est curieux aussi bien de la vie de la nature que des mœurs traditionnelles de son pays. La littérature et les sciences le passionnent et il connaît une certaine hésitation au moment de choisir sa carrière. Bien qu'encore adolescent il écrit déjà des poésies. Il décide de devenir botaniste et, à partir de 1868, suit des cours de sciences naturelles à l'université de Copenhague. Une société scientifique le charge d'établir un rapport sur la flore des îles de Anholt et de Laesô et sa thèse lui vaut une médaille d'or de l'Université.

À cette époque, le darwinisme commence à se répandre dans les milieux intellectuels européens. Jacobsen est l'un des plus ardents propagandistes de la nouvelle doctrine, traduisant en danois De l'origine des espèces au moyen de la sélection naturelle et La Descendance de l'homme et la sélection sexuelle. En collaboration avec Vilhelm Möller, il écrit également un essai sur Charles Darwin: Darwin, sa vie et son enseignement (publié à titre posthume en 1893).

Mais, atteint de tuberculose, Jacobsen est contraint d'interrompre ses travaux scientifiques. N'ayant jamais cessé de se passionner pour la littérature, il publie en 1872 un recueil de six nouvelles, Mogens et autres nouvelles, suivi de Un coup de feu dans la brume en 1875. Encouragé par le célèbre critique Georg Brandès, il publie ensuite Madame Marie Grubbe (1876), grand roman historique situé au XVIIe siècle, époque de la Renaissance danoise, Deux mondes (1878), Niels Lyhne (1880), histoire d'un athée qui, sans la consolation de la foi, doit affronter les terribles coups du sort ainsi que l'ultime épreuve de la mort, La Peste à Bergame (1882), dont la leçon est qu'il est vain de vouloir supprimer la religion si l'on ne possède pas d'autres valeurs idéales sur lesquelles on est capable de vivre et de mourir, et enfin Madame Fœnns (1882).

Jens Peter Jacobsen meurt à Thisted le 30 avril 1885, à l'âge de 38 ans. Après sa mort paraissent encore quelques textes de prose et un livre de poèmes, les Chants de Gurre, qu'il a composés dans sa chambre de malade, et qui seront mis en musique en 1911 par Arnold Schönberg.

Jens Peter Jacobsen, que Stefan George et Rainer-Maria Rilke admirèrent beaucoup (on dit même que Rilke aurait appris le danois pour pouvoir lire Jacobsen dans le texte original), sait décrire et approfondir avant tout des états de demi-conscience, recherchant les remous énigmatiques de la vie subconsciente et les manifestations d'une volonté obscure. Il est sans doute, par son style aux nuances raffinées et chatoyantes, le plus grand prosateur danois.