Ananda K. Coomaraswamy
Ananda K. Coomaraswamy
Biographie : Vie et oeuvre de Ananda K. Coomaraswamy.

Fils d'un juriste d'origine indienne et d'une Anglaise, Ananda K. Coomaraswamy naquit à Colombo (Sri Lanka), le 22 août 1877. Il fit ses études en Angleterre et se tourna d'abord vers les sciences: en 1903, il fut nommé directeur des recherches minéralogiques de l'île de Ceylan. Bientôt cependant il consacra ses efforts à créer un mouvement pour la constitution dans l'Inde d'un enseignement national. Déçu par l'action politique, il se spécialisa finalement dans les questions d'art. En 1911, il dirigeait la section artistique des United Provinces Exhibits à Allahabad. Pendant la Première Guerre mondiale, il fut appelé au Muséum of Fine Arts de Boston pour faire partie du personnel scientifique; et il resta jusqu'à la fin de sa vie dans cet institut, où il était spécialement chargé du département des arts de l'Islam et du Moyen-Orient. Il projetait de rentrer en Inde et commençait à s'y préparer lorsqu'il mourut subitement le 9 septembre 1947.

Sa puissance de travail et d'assimilation était prodigieuse. Il savait une dizaine de langues, peut-être davantage: un des premiers travaux de ce Cinghalais fut une traduction anglaise de la Völuspa, faite d'après le texte islandais de la plus ancienne version de l'Edda.

Son oeuvre est considérable et répartie dans une quarantaine d'ouvrages et plusieurs centaines d'articles, ceux-ci ayant été publiés dans de nombreuses revues d'Amérique, d'Inde et d'Europe. L'art de l'Inde y tient la première place. En français furent publiés Les Sculptures çivaïtes (en collaboration avec A. Rodin, E. B. Havel et V. Goloubew, 1921), La Danse de Shiva (1924), Les Arts et Métiers de l'Inde et de Ceylan (1924), Pour comprendre l'art hindou (1926), Les Miniatures orientales de la collection Goloubew (1929), La Sculpture de Bodhgayâ (1935). Son principal ouvrage dans le domaine de l'art demeure ses Eléments of Buddhist Iconography (1935), où l'interprétation symbolique de l'art bouddhique tient la plus grande place.

On ne peut, en effet, s'occuper d'art oriental sans se poser la question du sens de ses formes. Et, pour y répondre, il faut connaître les "mythes" et les Écritures. L'interprétation directe des textes védiques et bouddhiques devint un des sujets d'étude de Coomaraswamy et prit, à partir de son travail A New Approach to the Vedas (1933), une place croissante dans son oeuvre.

Bien qu'il ait traité d'un très grand nombre de sujets, peut-être son souvenir restera-t-il plus particulièrement attaché au thème des Dieux et des Titans, à celui de l'Arbre renversé, auquel il a consacré une magnifique étude, enfin à celui du "Soi" et de la transmigration. Ce dernier sujet lui a fourni, comme on le sait, l'occasion de rétablir la véritable signification du Bouddhisme originel, qui avait été dénaturée par les orientalistes. Les principales conclusions de ses recherches ont été réunies dans Hindouisme et Bouddhisme (1943), grand classique de la "Philosophia Perennis" qui reste comme son testament intellectuel.